lundi 27 mai 2013

Henri-Louis Habert de Montmor, homme de science

La famille Habert, originaire de l’Artois, était honorablement connue à Paris dès le début du seizième siècle : Philippe Habert, procureur, clerc du greffe criminel du Parlement de Paris, seigneur du Mesnil-Saint-Denis (Yvelines), épousa en 1519 Radegonde Hodon, fille d’Antoine Hodon, secrétaire du Roi, et de Jacquette Budé, sœur de Guillaume Budé (1467-1540), le célèbre helléniste du Collège de France.



En 1592, Montmort [sic], sur la commune de Les Essarts-le-Roi (Yvelines), est érigé en fief par Charles d’Angennes, seigneur d’Auffargis (Yvelines), en faveur du fils de Philippe Habert, Louis Habert (1530-1622), seigneur du Mesnil-Saint-Denis, qui fit construire un manoir, à l’emplacement de la ferme qui existe aujourd’hui. En dépit de l’ancienne orthographe du nom, « Montmor » [en latin « Mon-morius »], sur lequel parut un curieux poème où l’auteur joue sur la triple étymologie du mot (« mons mortis », « mons moris », « mons mori »), sans en oublier la terminaison dorée (« or »), on devrait donc l’écrire aujourd’hui avec un « t » final, « Montmort », ce que fit La Chenaye-Desbois dans son Dictionnaire de la noblesse (Paris, Antoine Boudet, 1774, t. VII, p. 604-606).  

Chacun des membres de la famille Habert a laissé une œuvre d’art toujours visible aujourd’hui :



Louis (1530-1622), trésorier de l’extraordinaire des guerres, le château du Mesnil-Saint-Denis (Yvelines), construit en 1589, agrandi et modifié au xviie siècle ;



son fils Jean (v. 1570-1639), dit « le Riche », trésorier de l’épargne, l’hôtel de Montmort à Paris, 79 rue du Temple (IIIe), construit en 1623, agrandi et modifié au xviiie siècle ;



le fils de ce dernier, Henri-Louis (1603-1679), le tableau de Philippe de Champaigne représentant ses sept enfants en 1649 (Musée des Beaux-Arts, Reims, Marne) ;



l’arrière-petit-fils de Jean, Louis (1645-1695), évêque de Perpignan (Pyrénées-Orientales), son tombeau dans la cathédrale.



Henri-Louis Habert, seigneur de Montmort, conseiller au Parlement de Paris le 11 septembre 1625, maître des Requêtes le 6 avril 1632, dont on disait qu’il « aime les lettres, s’explique avec peine, est lent, timide, et peu appliqué à sa charge », occupa dignement le 35e fauteuil, dit « de Cuvier », de l’Académie française, de 1634 à sa mort, arrivée le 21 janvier 1679. Il était cousin de Philippe Habert (1605-1637), militaire et poète, qui était au 11e fauteuil, et de Germain Habert (1614-1654), abbé de Cérisy-la-Forêt (Manche), qui était au 12e.



Médaille : avers, buste à droite de H.L. Habert de Montmor ; revers, buste à droite
de Marie de Buade, à côté d'elle son fils Henri-Jean, en regard ses trois autres fils,
Balthasar, Louis et Jean-Paul.


Il avait épousé, le 29 mars 1637, Henriette-Marie de Buade de Frontenac (v. 1618-1676), sœur du futur gouverneur de la Nouvelle-France, qui lui donnera quinze enfants, la plupart morts en bas-âge. La perte de plusieurs de ses enfants, la banqueroute frauduleuse de son fils aîné en 1669 et la disparition de sa femme en 1676 furent la cause de sa « mélancolie mortelle ». Il décéda le 21 janvier 1679 et fut inhumé le surlendemain en l’église Saint-Nicolas-des-Champs, dans la chapelle de Saint-Joseph.

Ami et admirateur de Descartes, il fut un protecteur éclairé des sciences et des lettres. Ses goûts, qui étaient littéraires au début – il fréquenta l’hôtel de Rambouillet et participa à La Guirlande de Julie –, devinrent peu à peu scientifiques. Une fois par semaine, une assemblée de savants se tenait chez lui, où on traitait des matières de physique, préfiguration de l’Académie royale des sciences. Bien que rival de Descartes, mort à Stockholm en 1650, le célèbre philosophe Pierre Gassendi (1592-1655) vécut chez Montmort à partir de 1653 et y mourut. Montmort lui fit ériger un mausolée, aujourd’hui disparu, en l’église de Saint-Nicolas-des-Champs, dans la chapelle de sa famille, et se chargea, avec François Henri (1615-1686), avocat au Parlement de Paris et patrice de Lyon, de rassembler tous ses ouvrages qui furent édités sous le titre Petri Gassendi Diniensis ecclesiae praepositi (Lyon, L. Anisson, 1658, 6 vol. in-fol.) ; il orna cette édition d’un avis aux lecteurs en latin de quatre pages, le seul ouvrage de lui qui ait été imprimé, à part quelques vers et épigrammes conservés dans les recueils du temps.  



C’est à l’hôtel de Montmort que Molière lut  en 1664 son Tartuffe alors interdit et que Jean-Baptiste Denis (1635-1704), médecin de la Faculté de médecine de Reims, réalisa les premières expériences de transfusion sanguine d’un animal vers l’homme en 1667. Cartésien fidèle, Montmort sera de ceux qui, le 25 juin 1667, menèrent le corps de Descartes, retour de Suède, à l’église Sainte-Geneviève.  

Montmort possédait un cabinet de curiosités et une bibliothèque, dont l’un des plus beaux livres était une édition in-folio de Ronsard datée de 1609, conservée aujourd’hui à Chantilly, dans la collection Lovenjoul : elle a appartenu à Sainte-Beuve, qui en fit don à Victor Hugo. Celui-ci en utilisa les marges, comme album, où il priait ses amis d’écrire quelques vers : c’est ainsi qu’on peut y lire des poèmes autographes de Sainte-Beuve, Fontaney, Lamartine, Alfred de Vigny, Alexandre Dumas, et de Victor Hugo lui-même.

De Paris, le vendredi 30 janvier 1654, Gui Patin avait écrit à Charles Spon :

« J’ai aujourd’hui dîné avec M. Gassendi chez M. H. de Montmor, maître des requêtes, qui m’en envoya hier prier. Il m’a fait voir ses livres, qui sont beaux et en grand nombre : il m’a fait promettre que je l’irois voir une fois la semaine, mais je n’ai pas promis que ce seroit à dîner ; on perd trop de temps en telles cérémonies. Je dîne céans à mon aise en un bon quart d’heure. Il dit qu’il veut venir voir mes livres ; je pense qu’il prétend aussi que je serai son médecin, mais je ne sais si nous nous accorderons bien, car il aime la chimie, il n’est pas encore détrompé tout-à-fait de l’antimoine, qui est ici fort déchu et décrié ; sa femme même, qui est d’un esprit curieux, versatur in ea hæresi. Elle est aussi pour la poudre des jésuites[le quinquina], de laquelle je n’ai vu dans Paris aucun bon effet. […]
M. de la Tercerie, qui mourut ici l’an passé, et qui étoit médecin de madame la duchesse d’Orléans, avoit une assez belle bibliothèque que les libraires vouloient acheter. Enfin, M. H. de Montmor, duquel je vous ai parlé ci-devant, l’a achetée. Il y avoit là-dedans de forts bons livres ; tout ce que j’en ai vu est bien choisi. » [sic] 

Sa bibliothèque avait été commencée par son cousin du Berry, Isaac Habert, fils d’un valet de chambre du roi, chanoine et théologal de l’Eglise de Paris, puis évêque de Vabres (Aveyron) en 1645, mort en 1668, qui avait reçu de sa tante Suzanne Habert, morte en 1633, un grand nombre d’ouvrages manuscrits.



(Esmerian, vol. II, 1972)


Giannotti. Dialogi de Republica Venetorum.
Leiden, Elzevier, 1631, in-12

Montmort avait fait revêtir sa collection elzévirienne d’une reliure attribuée d’abord à Le Gascon, puis à Macé Ruette (1584-1638), relieur ordinaire du Roi : en maroquin rouge, décorée sur les plats d’un double filet d’encadrement poussé très près des bords et de la charnière, avec petit quadrilobe central mosaïqué de maroquin noir portant les lettres entrelacées H L H M et quatre fermesses dorées [ou : à petit quadrilobe central mosaïqué de maroquin olive portant des petits fers dorés] et entouré de quatre compositions de petits fers filigranés dorés disposés en bouquet, le tout inscrit dans un encadrement intérieur quadrilobé composé de deux filets dorés et marqué aux angles d’un fer filigrané doré, à type de vase de fleurs ou de gerbe ; dos à cinq nerfs marqués d’un filet pointillé doré, les entrenerfs ornés d’un fer central filigrané et encadrés d’un double filet doré, le titre doré dans le 2e entrenerf ; tranches dorées ; tranchefiles simples bicolores ; coupes marquées d’un filet pointillé doré ; chasses décorées d’une roulette à motif végétal ; contregardes et gardes en papier marbré.


Marolles. Tableaux du Temple des Muses
(Paris, Sommaville, Langlois, 1655, in-fol.)
Drouot, 17 décembre 2007, 25.000 €

D’autres livres furent reliés en maroquin rouge, avec ses armes au centre des plats : « D’azur, au chevron d’or, accompagné de 3 anilles ou fers de moulin d’argent2 en chef, 1 en pointe. »



Tourville. Exercice en général de toutes les manoeuvres qui se font à la mer.
(Brest, R. Malassis, s. d.)
Drouot, 17 juin 2010

La bibliothèque fut vendue à partir de 1682, dont des manuscrits latins anciens achetés par Colbert.


mardi 21 mai 2013

L’Inavouable Fiasco de la vente Morante

Don Joachim Gomez de la Cortina, né au Mexique le 6 septembre 1808, docteur en droit, fut successivement recteur de l’Université de Madrid, membre du Tribunal suprême de justice et sénateur. Entre-temps, en 1847, il reçut le titre de marquis de Morante.

Le marquis de Morante, dont on cherchera en vain le portrait, fut un des plus illustres bibliophiles espagnols. Depuis 1840, il était bien connu, à Paris, des libraires qui faisaient des catalogues et des ventes de livres anciens (Merlin, Tilliard, Crozet, Techener, Potier) et des relieurs (Thouvenin, Thompson, Bauzonnet, Duru, Capé). Le marquis avait en effet compris que le goût, la passion et la connaissance des beaux livres n’avaient jamais été portés aussi haut qu’en France. Les deux tiers de ses revenus, évalués à environ 125.000 francs, étaient sacrifiés pour les livres et leurs reliures. Il laissa la plus grande bibliothèque jamais possédée par un particulier, composée de plus de 120.000 volumes, dont la majorité était en latin.

Il catalogua lui-même ses livres dans un Catalogus librorum doctoris D. Joach. Gomez de la Cortina, march. de Morante, qui in aedibus suis exstant (Matriti, Eusebium Aguado, 1854-1862, 8 vol. in-8, 16.148 articles au total). Le corps principal du catalogue finit au tome VI, et il est suivi d’un grand supplément et d’un autre peu étendu à la fin du tome VIII.
Ce catalogue ne fut tiré qu’à 500 exemplaires, dont la plupart furent reliés en basane verte portant ses armes, destinés seulement aux amis et aux bibliothèques publiques.

Il est classé par ordre alphabétique des titres ou des noms d’auteurs ; les notes sont rédigées en espagnol, et non en latin, comme l’ont écrit tous ceux qui ne l’ont pas lu ; à côté de chaque article, on trouve l’indication du prix qu’il a coûté ; des notices biographiques d’auteurs du xvie siècle, sont intercalées dans les huit volumes. Un troisième supplément (tome IX), publié après la mort du marquis (Madrid, F. Lopez Vizcaino, 1870, in-8), n’est qu’une simple nomenclature des titres.









Les volumes, qu’il avait fait habiller par les plus habiles relieurs de Paris et de Londres, portaient ses armes, parfois accompagnées de son chiffre, formé des lettres J.G.C. (Joachim Gomez Cortina), redoublées et surmontées d’une couronne de marquis :



« Coupé d’un et parti de trois, ce qui fait huit quartiers : au 1, d’argent, à 3 fasces de gueules, à la bordure de sinople, chargée de 8 sautoirs d’argent, 3 en chef, 2 aux flancs et 3 en pointe ; au 2, de sinople, à une cotice et un filet d’argent en bande, accompagnés de 2 croix recercelées du même, 1 en chef et 1 en pointe ; au 3, de gueules, au pélican de sinople en sa piété, à la bordure componée de sinople et d’azur ; au 4, de même que le 2 ; au 5, de gueules, à 3 fleurs de lys d’or en fasce, en pointe une tour d’argent maçonnée de sable et donjonnée de même, en chef une cannette d’or, reposant sur une planchette de même ; au 6, de sinople, à 5 étoiles d’argent, 2, 1 et 2 ; au 7, de même que le 1 ; au 8 et dernier, coupé : au 1, d’azur, à 1 tour d’argent surmontée de 3 étoiles de même mises en fasce ; au 2, de sinople, au taureau d’argent. » Ces armes, surmontées d’une inscription imitée de celle de Grolier, « J. Gomez de la Cortina et amicorum », et accompagnées de la même devise que celle du bibliophile français A. R. Courbonne, « Fallitur hora legendo » [Lire fait oublier l’heure], constituaient un super ex-libris, dont il existe plusieurs types, l’inscription et la devise étant portées sur un ruban ou dans un anneau ovale.








Son ex-libris armorié en dérivait, ou portait ses armes surmontées d’une couronne de comte, avec l’inscription « Bibliotheca Cortiniana. » au-dessous et l’épigramme de John Owen, poète anglais du dix-septième siècle, « Egregios cumulare libros præclara supellex. » [Une collection de livres choisis est un beau meuble], comme devise sur les trois autres côtés.

Contrairement à l’inscription qu’on peut lire sur ses livres, le marquis n’a jamais voulu en prêter un seul. Sa bibliothèque, dans son hôtel de la rue Fuencarral, à Madrid, était composée de trois salles dallées de marbre, dont une avec une galerie circulaire. Le marquis, vêtu d’une simple veste de coutil et chaussé d’escarpins inusables, y était la plupart du temps, penché sur un livre, au haut d’une échelle peu solide. Il fut un des plus grands latinistes contemporains et on lui doit un Nuevo Diccionario latino-español etimológico [Dictionnaire étymologique latin et espagnol] (Leipzig, Brockhaus, 1867).
Le marquis de Morante s’éteignit le 13 juin 1868, après une chute de son échelle tremblante, au haut de laquelle il était assis. Il était célibataire.



Conformément à ses dernières volontés, sa dépouille mortelle, dans un magnifique sarcophage en bronze, fut déposée dans le panthéon de la chapelle de l’église de Salarzon, dont son père avait été le fondateur.

Il était naturel que sa bibliothèque, dont la plus grande partie a été acquise ou reliée en France, revienne à Paris pour être dispersée au feu des enchères. Les héritiers du marquis de Morante cédèrent la collection en bloc au libraire parisien Jean-Antoine Bachelin (1835-1896), époux Deflorenne. Bachelin dut attendre la fin de la guerre franco-prussienne de 1870 et de la Commune pour envisager une vente à Paris. Il chargea son confrère Édouard-Léon Scott de Martainville (1817-1879), qui avait inventé en 1857 le phonautographe [appareil enregistreur des sons d’où est dérivé vingt ans plus tard le phonographe], de sélectionner les livres et de préparer le catalogue de la vente :



Catalogue de la bibliothèque de feu M. le marquis de Morante (Paris, Bachelin-Deflorenne, 1872, 3 parties en 1 vol. in-8, XL-352 p., 1.909 lots ; VIII-206 p., 1.165 lots ; VII-[1 bl.]-339-[1 bl.] p., 2.265 lots).

La vente eut lieu à l’hôtel Drouot.



La première partie, en 10 vacations, du mercredi 21 février au samedi 2 mars 1872, fut la plus importante : 7 manuscrits (du xiiie au xve s.), 11 livres enluminés, 2 livres imprimés sur peau vélin, 4 exemplaires uniques ou seuls connus ; des éditions rarissimes ou non citées ; des premières impressions de quelques villes (Paris, Cambrai, Orange, Bâle, Cologne, etc.) ; des livres à figures, sur bois et sur cuivre ; des livres provenant de la bibliothèque des rois de France et princes du sang (François II, Louis-Philippe, Dauphin de France, etc.), des reines de France et princesses (Marguerite de Valois, Mademoiselle, etc.), des princes étrangers (Charles-Quint, etc.), des personnages (Calvin, Desportes, Richelieu, etc.) et des bibliophiles (Boutourlin, Cailhava, De Bure, Girardot de Préfond, Giraud, Hoym, Nodier, Peiresc, Pixerécourt, Peignot, Renouard, De Thou, etc.) célèbres ou distingués ; des livres avec signatures ou notes autographes ; des reliures riches ou curieuses (reliures « à la Grolier », Padeloup, Derome, Bozerian, Trautz-Bauzonnet, Capé, Schaefer, etc.). Ce fut pour la première fois en France que les amateurs trouvèrent dans cette collection de belles reliures exécutées en Espagne. Parmi les acheteurs : Bachelin, Ellis, Green, Techener, Potier, Tross, Rouquette, Fontaine.

La première partie de la vente a produit 118.253 francs, « dont le succès a dépassé toute attente », affirma Bachelin. En réalité, la vente fut un véritable fiasco. Les livres n’atteignirent que rarement les prix de réserve donnés par leur propriétaire. Pour beaucoup de livres, les enchères ne furent pas véritables : nombreux furent ceux rachetés par Bachelin ou ses agents.



100. Faii (Bartholomaei) Energumenicus. Lutetiae, apud Sebast. Nivellium, 1571, in-8, v. fauve à riches compart. dent. fil. tr. dor. Anc. rel. à la Grolier. 140 fr. à Ellis.



135. Mornay (Phil. de). De l’institution, usage et doctrine du Saint Sacrement de l’Eucharistie en l’Église ancienne. La Rochelle, Hierosme Haultin, 1598, in-8, mar. brun, à compart. dent. tr. dor. (Anc. rel.). Exemplaire de l’auteur Philippe de Mornay, dont les initiales en grec se trouvent sur les plats de la reliure ; sur le dos, les initiales de Philippe sont séparées par les initiales de Charlotte d’Arbalette, sa femme. 300 fr. à Ellis.



172. Elizade (Mich. de). Forma verae religionis quaerendae et inveniendae, liber unus. Neapoli, Hyac. Passerus, 1662, in-4, mar. orange, compart. fleurons, fil. tr. dor. (Anc. rel.). Rel. italienne dite « à l’éventail ». 60 fr.


204. Massae Gallesii (Antonii), civis romani, De exercitatione Jurisperitorum libri tres. Romae, apud Valer. et Aloys. Doricos fratres Brixienses, s. a. (ca 1545), in-4, mar. brun, compart. fil. tr. dor. (Rel. du temps). Exemplaire en grand papier fort, aux armes du pape Jules III. 185 fr. à Ellis.



228. Peckius (Petr.). Ad Regulas juris Canonici. Helmstadii, excudebat Jacobus Lucius, 1588, in-4, mar. rouge, larges dent. comp. fil. tr. dor. et ciselée. Rel. du temps à la Grolier. 40 fr.



233. Ciceronis (M.T.). De Philosophia. Parisiis, Sim. Colin., 1545, 2 vol. in-12, mar. brun à compart. mosaïque, fil. tr. dor. Rel. du temps à la Grolier. 55 fr.


301. Guevara (Ant. de). L’Orloge des princes. Paris, Arnoul l’Angelié, 1550, in-8, v. fauve, riches compart. mosaïque, fil. tr. dor. (Rel. anc.) Exemplaire réglé. Reliure du temps portant la date de 1555, avec dans le haut les initiales R. B. 235 fr. à Bachelin.

472 bis. Bocchii (Ach.). Symbolicarum quaestionum de universo genere quas serio ludebat, libri quinque. Bononiae, in aedibus novae Academiae Bocchianae, 1555, pet. in-4, fig. sur cuivre, mar. marron à riche compart. mosaïque, fil. tr. dor. et ciselée. Rel. du temps à l’imitation de celles de Grolier. Ex. réglé et en grand papier. Provient de la vente Lefèvre-Dallerange. 390 fr. à Bachelin.


518. Aedes Barberinae ad Quirinalem à comite Hieronymo Tetio Perusino descriptae. Romae, excudebat Mascardus, 1642, in-fol. mar. r., à riches compert mosaïque, fil. dent. dos orné, tr. dor. et ciselée. (Rel. anc.). Exemplaire en grand papier, aux armes de Jacques II, roi d’Angleterre, qui a passé depuis dans la bibliothèque de Colbert. Rel. romaine. 720 fr. à Potier.



622. Asconii Paediani expositio in IV Orationes M. T. Ciceronis contra C. Verrem. Venetiis, in aedibus Aldi et Andreae Asulani soceri, 1522, in-8 mar. brun à riche compart. tr. dor. Deux têtes de maure dans un écusson sur les plats. 75 fr.



658. Longolii (Chr.). Lucubrationes. – Orationes tres. – Epistolarum libri quatuor. Lugduni, apud Sebast. Gryphium, 1542, in-8, mar. brun à compart. dent. fil. tr. dor. (Emblème de Canevari sur les plats). Ex. de Canevarius. 380 fr. à Bachelin.



775. Horatii (Q. H. F.). Opera. Lugduni, apud haeredes Seb. Gryphii, 1559, in-16, mar. à riches comp. mosaïque, fil. tr. dor. Ex. réglé dans une reliure dans le goût de celles de Maioli. 100 fr. à Voisin.


783. Horatii (Q. H. F.). Opera omnia. Basileae, apud Ludov. Regem, 1615, in-fol. mar. br. semé de croix croisetées, de fleurs de lis d’or. (Anc. rel.). Ex. aux armes de Henri de Lorraine. Front. gravé de Math. Merian. 200 fr. à Potier.



836. Ovidii (P. O. N.). Heroidum Epistole, atque Auli Sabini responsiones. Parrhisiis, Bern. Aubririus, 1517. – Auli Persii familiaris explanatio. Impressum est hoc opus in nobilissimo Parrhisiorum Gymnasio, 1516. In-4, semi-goth. v. fauve, racc. à riche compart. blasons sur les plats, fil. tr. dor. et ciselée avec le nom de Pignolet sur cette tranche. Reliure du temps contenant au milieu des plats l’écusson écartelé de France et d’Angleterre avec une vierge au-dessus, et sur les côtés les armoiries du roi de France, de Bretagne, d’Autriche, d’Angleterre, du Dauphin et de Valentine de Milan. 460 fr. à Voisin.



932. Ausonii (Decii), Burdigalensis, Opuscula varia. Lugduni, apud Seb. Gryphium, 1537, in-8, v. à comp. fleurons, tr. dor. Ex. du Dauphin François II, fils de François Ier. Provient de la vente Lefèvre-Dallerange. 51 fr.



949. In Testamenti Novi majorem partem. Basileae, 1542, in-8, v. à compartiments, dent. à froid. (Anc. rel.). 82 fr.


1.142. Sarbievii (Mathiae-Casimiri). Lyricorum libri IV. Lutetiae Parisiorum, J. Henault, 1657. In-16, mar. r., riches compart. petits fers, fil. tr. dor. (Eve). 100 fr. à Bachelin.



1.218. Terentius. Castigationes plurimorum ex Terentio locorum. Lugduni, apud Seb. Gryphium, 1534, in-8, v. fauve à riche compart. fil.dent.tr. dor. Rel. genre Grolier. 43 fr.


1.269. Boccaccio. Il Corbaccio.Parigi, Morello, 1569, in-8, mar. br. à riches compartiments, dent. (Rel. du temps). Rel. à la Grolier. Ex. de Ballesdens. 240 fr. à Techener.



1.384. Apophthegmes, c’est-à-dire, promptz, subtilz et sententieux ditz de plusieurs roys. Paris, Ruelle, 1551, in-16, v. f. riches compart. fil. tr. dor. Rel. du seizième siècle dans le goût des Maioli. 42 fr.



1.442. Pontani (J. Jov.). Opera. Venetiis, Aldus, 1513, in-8, v. fauve, à riches compartiments, dent. fil. tr. dor. Ex. réglé dans une reliure à la Grolier. 80 fr.



1.580. C. Sallustii de Conjuratione Catilinae. Venetiis, 1546, pet. in-fol., fig. sur bois, mar. brun, fil. dent. tr. dor. Reliure exécutée pour Th. Maioli dont le nom et la devise se trouvent sur les plats. 350 fr. à Bachelin.

1.581. Sallustius (C. Crispus) ex museo Johannis Isaci Pontani. Amstelodami (à la Sphère), apud Joan. Janssonium, 1627, in-16, mar. rouge, fil. compart. dent. tr.dor. milieu mosaïque. (Le Gascon). Sur les plats, chiffres de L. Habert de Montmort, conseiller d’État, mort en 1679. 150 fr. à Potier.


1.608. Valerius Maximus nuper editus. Venetiis, in aedibus haeredum Aldi et Andr. Soceri, 1534, in-8, mar. brun, compart. fil. tr. dor. Reliure seizième genre Grolier. 265 fr. à Potier.


1.630. Suetonius. C. Suetonius Tranquillus, et in eum commentarius, exhibente Joanne Schildio. Lugd. Batav., ex offic. Fr. Hackii, 1651, in-8, mar. orange, larges dent. fil. tr. dor. Anc. rel. à petits fers. 30 fr.


1.774. Kircheri (Ath.), Soc. Jesu, Diatribe de prodigiosis Crucibus. Romae, 1661, in-8, mar. rouge, à riches compart. petits fers, dent. tr. dor. 17 fr.



1.779. Jovii (P.). Elogia veris clarorum virorum imaginibus apposita. Venetiis, apud Michaelem Tramezenium, 1546, pet. in-fol. mince, mar. vert, à riches comp., dent. fil. tr. dor. Rel. du temps aux chiffres de Cosme de Médicis, duc de Florence. 200 fr. à Chossonnery.



1.785. Plutarque. Les Vies des hommes illustres.Lausanne, François Le Preux, 1575, 2 vol. in-fol., mar. r. fil. ornem. tr. dor. Reliure datée de 1579, aux armes, peintes en miniature, des ducs de Bourgogne, avec la devise « Sans vous ne puis X Bourgogne X ». 150 fr. à Bachelin.


1.790. Eunapius Sardianus, de Vitis philosophorum et sophistarum. Antverpiae, Ch. Plantinus, 1568, in-8, v. fauve, à riches comp. dent. coins et milieu dorés, fil. tr. dor. Rel. du temps. 50 fr.
                       


Le plus gros acheteur fut le libraire londonien Frederick-Startridge Ellis (1830-1901), qui acheta 113 lots pour le British Museum ; sur les 94 livres qui atteignirent 200 francs, 16 furent achetés par Ellis ; son collègue français Tross le complimenta à plusieurs reprises pendant la vente : « Monsieur, vous êtes la providence de la vente. » Quatre livres seulement dépassèrent 1.000 francs :

967. Tory (Geoffroy). Gotofredi Torini, Biturici, in filiam charissimam, virguncularum elegantissimam, Epithalamia et Dialogi. Impressum Parrhisiis e regione scholae Decretorum, 1523 (1524 n.s.), in-4 cart. Exemplaire unique. C’est dans ce poème qu’on trouve pour la première et unique fois la première forme de la marque de Tory, le Pot cassé, avec la petite image dans le haut représentant l’âme de sa fille, sous la figure d’ange entouré de rayons. 1.450 fr. à Bachelin.
1.459. Collection de classiques français, imprimée par Didot pour léducation de Monseigneur le dauphin, 22 vol. in-4, mar. vert, avec dent. fil. tr. dor. (Riche rel. de Derome). Précieux exemplaire d’une collection qui est introuvable complète et en pareille condition. Tous les volumes portent les armes de la Maison d’Orléans. 1.250 fr. à Bachelin.
1.529. Gesta nobilis viri Dom. Symonis comitis de Monteforti. Pet. in-fol. mar. noir, jans. (Schaefer). Manuscrit du quinzième siècle sur vélin. 1.350 fr. à Didot.  
1.719. Chronica regni Aragonum. Manuscrit sur peau de vélin du quinzième siècle, in-fol., rel. du temps à compart. ferm. 1.950 fr. à Bachelin.

Au cours de la deuxième partie, qui se déroula en 6 vacations, du lundi 20 mai au samedi 25 mai 1872, et de la troisième partie, en 12 vacations, qui a eu lieu du lundi 20 janvier au samedi 1er février 1873, les prix atteints par les livres furent également très bas et une grande partie fut rachetée par Bachelin.


Peu de temps après les trois ventes de 1872-1873, Bachelin publia des catalogues de livres anciens à vendre, provenant principalement de la bibliothèque Morante. Le dernier de ces catalogues contenaient 2.556 articles, dont les 2/3 environ avaient été rachetés dans les trois ventes ; la plupart réapparurent dans le catalogue de Bachelin en 1875, mais ne trouvèrent toujours pas d’acheteurs et furent finalement mis en vente à la salle Silvestre en avril 1875. Une grande quantité de livres restèrent invendus et 6.230 lots, dont les 2/3 provenaient de la bibliothèque Morante, furent remis en vente dans la même salle, en quatre ventes, en 1878 et 1879.